Une pensé forte (endeuillé)

Cet article étant un témoignage rendant hommage à mon papa Ernest WAHEO, petit frère de mon père Taï. J’emploie un dialogue comme si je lui parlais. Il est décédé, dans notre foi évangélique, les morts n’entendent plus, plus d’oreilles pour entendre,  plus de bouche pour parler. Une fois mort, ils n’attendent plus que le son de la trompette signalant le retour de Christ-Jésus. Ils se relèveront de leur tombe et, à ce moment, ils pourront réentendre, revoir. Donc, ce sera le jour de sa résurrection que papa pourra lire cet article.

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Après le jour de ton enterrement, papa Ernest, le mardi 13 février. Je suis  entré au bloc opératoire, à la clinique de la Baie des Citrons, pour me faire opérer l’oreille droite. Comme on s’était dit, je garde la voiture une nuit et je reviens m’occuper de toi jusqu’à que tu entres au Médipôle, le jour du 19 février, jour de la rentrée scolaire. Tu ne savais plus si tu demanderais de t’amener ou tu allais prendre l’ambulance.

Je me suis levé de mon lit ce samedi 17 février 2018, à 2h00 du matin pour écrire ces quelques lignes en ton honneur. Je n’y arrivais pas à trouver le sommeil. Mais cela  me fait un bien fou d’écrire. J’ai encore ce bandeau à la tête, je viens d’en reprendre un doliprane, quand j’ouvre la mâchoire, j’ai mal à ma tempe droite et il m’arrive d’avoir la nausée (la tête qui tourne). Ma femme est aussi réveillée n’a pas  dormi de toute la nuit, voilà  encore une CS, ah, ah ! C’est notre expression et je repense à ton rire et ton sourire. Et en plus, Gita, notre cyclone continue de souffler dehors et en faire du vacarme (Gita marquera ton départ vers la patrie céleste).

Tu sais, je me suis beaucoup voulu à moi-même le jour où je t’ai retrouvé allongé dans ton drap, à mi découvert, et que tu avais déjà  rendu l’âme. Pour moi ma  mission de t’amener jusqu’au 19 février fût un échec. Et pourtant, tu avais mis toute ta confiance en moi pour m’occuper de toi durant ta maladie. Je rappelle à Ponerihouin, à la tribu de Tchemba, Maguy et toi vous nous appelez Jordan et moi vos  deux AVS (Auxiliaire de Vie Social). Bien sûr pas pour la « patiente » qui s’était assise avec sa  chaise sur la natte, ah ah éh éh !

Ah comme tu nous avais bien gâtés lors de notre sortie à Ponérihouin pour la fête de la Réformation de l’Eglise Libre, le mois d’octobre 2017, qui s’est passée à la tribu à Jean-Marc Poinri, notre beau-frère (mari à Esther Honeme). Tu avais déjà tout organisé, l’hôtel pour les trois jours. Et on sortait de la tribu, pour nous rendre dans des snacks de la côte-est, surtout de Poindimié (Vidéo Snack sur Poindimié). Pour moi cela reste un souvenir inoubliable. Pour ce séjour, je te remercie de nous avoir fait présenter ton petit-fils, Jordan, tu l’appelles avec beaucoup d’affection « Dadan ». Tu disais qu’il serait temps qu’il puisse rencontrer d’autres membres de la famille. En tous les cas, ma femme et moi l’avons beaucoup apprécié. Pour ma part, je tiendrai ta parole de continuer à veiller sur tes petits-enfants et, de faire en sorte qu’ils continuent de rencontrer ta famille.

Je tenais à te remercier, car, tu me disais de ne pas hésiter à chaque fois de te demander ta voiture quand nous avons besoin. Même, dans  les moments où tu avais déjà  planifié ta journée, tu nous trouvais toujours un arrangement pour nous la prêter. Ah papa, tu avais vraiment le cœur sur la main. Là, je t’ai ressenti plus proche de moi et aussi de ma femme. Avant, on se disait bonjour, mais sans plus, et on ne se revoyait que bien longtemps après. D’ailleurs, ce qui en était sorti plus souvent lors de nos échanges de paroles coutumières lors de tes obsèques. Tu étais le papa qu’on voyait apparaître en un instant, et qu’on ne savait plus quand allons-nous nous revoir. Après cela nous arrive de nous croiser sur la route, tu passais devant la maison, te rendant au Nakamal, et ce n’était juste des p’tits coucous. En résumé, tu avais ta vie propre à toi.

Pour ma part, ta vie m’a fait penser aux « ouvriers des dernières heures », la parabole donnée par notre Seigneur Jésus-Christ. Le maître de la moisson disait aux premiers ouvriers arrivés tôt le matin de bonheur, qu’il leurs donnera 1 denier en fin de journée. Il y en a qui sont arrivés vers la fin de journée pour travailler. Le soir venu, le maître donne à tout a chacun 1 denier comme ça été convenu au départ. Les premiers arrivés se sont plaints, car ils devaient toucher beaucoup plus. Mais le maître les a repris que le contrat était stipulé comme ça dès le départ, et ils l’avaient bien accepté. Le maître l’a appliqué pour tout le monde quel que soit l’heure où ils arrivent. Donc, papa Ernest tu en as fait partie de ses ouvriers des dernières heures et tu as eu autant le même salaire que tous ceux qui ont commencé bien avant toi.

Tu avais commencé à t’approcher de Maguy et moi en fin d’année 2016, en nous invitant à un restaurant d’Auteuil. Ma femme et moi venant de nous marier et ensuite de vivre le deuil de mon père, ton grand frère, pasteur Taï WAHEO. Nous nous sommes occupées de ton grand frère après notre mariage, avec tout l’amour qu’on pouvait lui donner car il était aussi malade. Il était atteint du diabète (la jambe amputée), d’une maladie cardiaque, des reins épuisés sous contrainte de faire la dialyse.  Est-ce peut-être pour ça que tu es venu vers nous ?  Car, je crois, qu’on serait aussi bien placé pour s’occuper de toi. Car tu souffrais dans ton fort intérieur mais tu ne nous le disais pas. Nous pouvons te dire papa, que ça été un réel plaisirs de nous en occuper de toi. Je repense la veille de ta mort encore, quand à chaque fois, tu me disais : « Ahou, Mano, pardon je te dérange ». Et je te répondais : « « non papa, ne t’inquiète pas, je suis là pour toi ». Ah, je ne voulais pas que tu me répétais cela, pour moi c’était tout à fait normal de s’occuper de ses aînés.

En début d’année 2017, on s’était un perdu de vue. Tu es venu rendre hommage à ton grand frère Hamou, lors de ses  obsèques. J’aime bien quand tu prépares l’éloge de tes frères. D’ailleurs, je t’avais filmé, c’était au temple de Newere ( Ministère Hamou WAHEO). Je pense que depuis cet événement, c’est depuis là qu’on te voyait plus souvent avec nous. Tu venais te rendre au culte les dimanches à Rivière-Salée. Ta place était du côté fenêtre sur le côté droit, et t’avais toujours ton cahier.

Et ce fut là qu’un jour, je disais que j’allais être en congé en octobre 2017 sur un partage sur FB. Tu avais vu mon post et tu me demandais de t’amener à la fête de Réformation de l’Eglise Libre à la tribu de Cembâ, Pwarairwâ. Je ne raconterai pas encore tous ces bon moments passés en a compagnie, toujours était soucieux de nous satisfaire.

Le soir du vendredi 8 décembre 2017, on t’appelait pour te demander la voiture pour le 9 décembre, car nous préparions le lever de deuil de papa Taï. Tu nous disais que tu rentrais au Médipôle ce samedi, et qu’il fallait récupérer la voiture à la pharmacie près du MacDo du Kenu In. En fait, tu n’avais mis personne au courant dans la famille de ton entrés hospitalière. Pourquoi voulais-tu agir ainsi ? Peut-être pensais-tu que tu n’étais qu’un rejeté dans ta famille, pourquoi les mettre au courant ? Tu me disais un jour, sur ton lit d’hôpital : « Tu sais, Mano, je suis le premier des derniers enfants à pépé et mémé. Et on n’était pas les bienvenues dans la famille. Et particulier moi. » Tu me sortais cela, juste après que papa Méané sois passé ter voir. Je te rassurais papa : « Non, ne dis  pas ça papa, on t’aime, on vous aime tous nos papas, les grands comme les petits papas ». C’est à noter qu’une infirmière de Houaïlou disait à mémé Essé qu’après son 8ème enfant, il fallait qu’elle arrête d’avoir des enfants pour le bien de sa santé. Est-ce pour cela que papa Wess, tu penses que tu ne devrais pas exister ? Non, Dieu t’as créé et mis au monde et il a eu de merveilleux projets pour toi dans ta vie jusqu’à que tu l’as rejoint ce 9 février 2018 à 5h00.  Combien, il y a eu du monde à ton enterrement et venu aussi se recueillir auprès de ton cercueil dans la salle ! Des personnes qui viennent de tout horizon, du monde de l’enseignement, de l’éducation (populaire), du Sport et de la Politique…Ton frère, Nemia Méané, disait dans un de ces partage sur FB : «  oui, mes enfants il est parti votre papa west à sa soixante et uniène année. Comme les autres papas dans notre famille, ils vont tomber un par un. C’est comme çà la vie. Et ce qui est réconfortant c’est qu’ils laissent derrière une trace, un chemin à suivre. Vous avez plusieurs choix à faire pour vous construire. Choisissez les meilleurs chemins pour chacun de vous. Ce sont des arbres qui cachent la forêt. Maintenant, un par un les arbres tombent, je peux vous assurer avec admiration que je prends plaisir à découvrir cette belle forêt… Merci encore. ». Ce que je voudrais retenir, ce que tu as été aussi un immense arbre qui est tombé et, qui en a vraiment caché une forêt.  Et comme il est dit dans la Parole, c’est l’arbre qu’on reconnait ses fruits. Papa kaô Jacob disait, qu’il y en a déjà des meilleures que toi qui ont déjà pris les relais (7 ou même 36 autres). Tu as  été un « cultivateur », tu as semé, ça a poussé, mais il faut continuer de développer, d’entretenir pour qu’il y ait encore des fruits en abondance. J’ai une pensée à ton association sportive, le CMSD (Club Municipal Sportif de Dumbéa), une pensée à ta place de conseiller municipal de Dumbéa, une pensée à la DDEC où tu as été longtemps enseignant, une pensée à ta famille et, en particulier à tes petits-enfants : Océane, Jordan, Noé et Hélène que tu as tant choyés. En espérant de tout cœur, que ce tu as semé lors dans ton ministère ici-bas puisse continuer de porter du fruit. Mais j’ai foi car tu l’as semé avec ta foi en Jésus-Christ, et ce que Dieu a fondé personne ne pourrais le déraciner.

J’en dis trop, je vais m’arrêter là, encore un père de plus qui s’ajoute aux belles étoiles de notre firmament. Je ne te dis qu’un aurevoir et, que je serai heureux de te revoir et te raconter tout ce que j’ai pu vivre depuis que tu m’as quitté.

Je t’aime papa Ernest Westphal WAHEO.

 

Nicodemus

 

 

 

 

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